Devenir enseignant de FLE

L’idée a commencé à germer dans ma tête il y a deux ans, après être revenu de Chine. Je souhaitais diversifier mes compétences, m’inspirer d’autres domaines et croiser, greffer, mélanger tout ça à mon savoir-faire en informatique et puis peut être enseigner. Surtout parce que l’éducation est pour moi le vecteur le plus important pour rendre le monde meilleur. En particulier, l’apprentissage d’une ou plusieurs langues étrangères demande une certaine ouverture d’esprit. Une langue est porteuse de valeurs culturelles, et en apprenant une langue, il s’agit aussi de comprendre une culture, qui est dans certains cas totalement différente de ce que vous pouviez connaître jusque là. Apprendre une langue est un véritable voyage, qui demande du temps et des efforts, mais qui est très gratifiant lorsque vous arrivez à vous exprimer et à vous faire comprendre par les natifs. Je pense que, parler une langue étrangère, pousse à la tolérance et permet de se re-situer par rapport au monde qui nous entoure. Apprendre une langue étrangère brise bien des frontières. Et je ne dis pas ça en l’air, j’ai pu le vérifier de nombreuses fois, notamment en Chine, lorsque j’ai pu commencer à me débrouiller avec la langue.  Ainsi, mes voyages en Chine ont rapidement évolué avec la maîtrise de la langue : de rapides regards discrets à des discussions avec des inconnus, d’un bol de nouilles seul au partage d’un repas familial, du statut de touriste montre en main au voyageur qui cherche à comprendre.

J’ai eu la chance d’apprendre l’anglais et le chinois mandarin que je continue encore à étudier. Aujourd’hui, en plus de ça, j’aimerais avoir un regard introspectif sur l’apprentissage en lui même. Comment enseigner ? Comment ai-je appris ces langues ? Quelles sont les méthodes qui fonctionnent ? Quelles sont celles qui ne marchent pas ? Comment rendre son apprentissage plus efficace ? Et puis, comment passer le flambeau ? C’est autant de réponses que je cherche en ayant débuté mes études pour devenir enseignant de FLE. C’est pour moi une suite possible si ce n’est logique dans le processus d’apprentissage de langues étrangères.

Maintenant, j’y suis en plein dedans. J’ai choisi l’option qui me paraissait la plus pratique dans mon cas : les études à distance. Le CNED propose plusieurs formules, j’ai choisi la formation à distance DAEFLE (qui signifie Diplôme d’Aptitude à l’Enseignement du Français Langue Etrangère), qui se fait en partenariat avec l’Alliance Française de Paris. C’est une formule totalement à distance, pas besoin d’être ou de revenir en France à un moment de la formation. Pour pouvoir commencer, il y a un premier test à passer, dans une des Alliances Françaises en France ou à l’étranger. C’est un test de langue française obligatoire pour pouvoir être admis dans la formation. Il y a plusieurs sessions durant l’année, et vous pouvez trouver des anales sur le site de l’Alliance Française. Ce n’est en définitive pas très difficile, l’examen ressemble aux exercices de type bac. La première partie consiste en la correction d’un texte dans lequel des fautes d’orthographe ont été introduites. Quant à la deuxième partie, il s’agit d’écrire un texte argumentatif sur un sujet précis. Vous aurez besoin de l’attestation de réussite de cet examen pour vous inscrire à la formation.

L’avantage de la formation DAEFLE, c’est la flexibilité du temps de formation, entre 10 mois au plus court à 4 ans, selon vos disponibilités. Vous pouvez souscrire à la formation complète, ou vous inscrire en choisissant module après module. De mon côté, vu que je travaille à temps plein, je n’ai pas assez de temps libre pour finir la formation en 10 mois. Il faut compter environ 480 heures pour boucler la formation complète d’après le CNED. Un conseil, comptez large si vous faites ça en plus de votre taf. J’ai pris les deux premiers modules (sur les 6 disponibles) jusqu’à Avril prochain: Eléments de didactique et méthodologie générale du Fle et Enseigner la grammaire en FLE. C’est pas évident de s’y mettre en rentrant du travail, mais la solution est de se créer un emploi du temps strict et de s’y tenir. En ce qui me concerne, j’avais commencé la formation en me disant que je ferais une séquence dès que je trouverais du temps dans la semaine : ça ne marche pas gros. Réservez certaines de vos soirées, en sachant qu’il faut compter environ 1h30 à 2h00 pour boucler correctement une séquence.

Bon en ce qui concerne la formation en elle-même, c’est assez bien foutu. Le CNED vous envoie par voix postale tous les fascicules de cours. Pour chaque module, vous disposez d’un livre de cours, un livre de documents et un livre contenant les corrections des exercices présents dans chaque séquence du cours. Vous disposez également d’un espace en ligne pour poser vos questions à un professeur, et échanger avec les autres apprenants sur un forum interne. Aussi, pour chaque module, des micro-tâches sont à renvoyer à votre tuteur qui vous remettra des corrigés ou des commentaires sur internet. Je ne suis pas encore arrivé à ce niveau là mais ça ne devrait trop tarder. Puis enfin, vous devrez prendre part à des activités sur Internet, basé à priori sur des échanges sur le forum autour de thématique précise. Là encore, ça commence à partir de Novembre. Donc je vous ferais un retour d’expérience plus tard.

Je continuerai à l’avenir de partager mon expérience et les difficultés rencontrées. Je vais évidemment mettre un certain temps à boucler la formation complète, mais la flexibilité de la formation résout beaucoup de problèmes pratiques finalement.