Chengdu & le mont Emei

Bon il faut quand même que j’achève le récit de mes aventures de l’été dernier ! Cette fois-ci, mes pas m’ont dirigé vers le Sichuan. Je n’avais pas encore eu l’occasion d’y aller, voilà chose faite. J’ai rejoins un ami français directement à Chengdu, qui est une ville très agréable malgré la forte chaleur en été. C’est également la capitale du Sichuan. Nous avons séjourné dans l’auberge de jeunesse nommé Dragon Town International Youth Hostel. Alors un conseil si vous êtes de passage à Chengdu, évitez cette adresse. Même si les parties communes sont très agréables, il y a un sacré décalage au niveau du rapport qualité/prix en ce qui concerne les chambres. Surtout que nous avons passé la première nuit blanche à cause du plus gros ronfleur de la planète. Bref.

Chengdu est une ville bien sympathique. Quelques maisons de thé parsèment les nombreux jardins et parcs publics de la ville (qui sont gratuits !). Nous avons passé une journée entière à nous ballader et à flâner dans ces parcs, à écouter les concours de chants traditionnels en extérieur, à voir du théâtre amateur et des animations populaires. Devant les maisons de thé, des hommes vêtus d’une chemise bleu se faufilent entre les tables et les chaises, qui munis de deux tiges en métal, vous propose de vous faire un massage du conduit auditif. J’étais pas super chaud au début et puis bon, il ne faut pas mourir idiot, et vu qu’un certain nombre de personne semblait apprécié, je me suis lancé aussi. Moyennant quelques kuai, ces braves hommes vous nettoient les oreilles et vous font raisonner le tympan avec leurs batonnets de métal. Et bien même si c’est un peu étrange et peu rassurant d’avoir ça dans les oreilles en plein air, vous vous sentirez bien léger après cette petite séance. A faire !

Depuis Chengdu, nous avons poursuivi sur la ville de Leshan pour une brève visite. Nous y avons consacré un jour. Leshan est connu pour son grand Bouddha, encastré dans la roche d’une falaise et qui est le plus grand du monde. Il mesure 71 mètres de hauteur et j’avoue que même après avoir vu un certain nombre de sculptures impressionnantes de Bouddha en Chine, vous restez bouche bée devant celui-ci. Aux centaines de touriste se mêlent par ailleurs des pèlerins qui viennent se recueillir devant cette imposante sculpture.

Depuis Leshan, nous avons pris le bus pour le mont Emei. C’est une des quatre montagnes sacrées bouddhiques de Chine. J’ai grimpé de nombreuses montagnes sacrées en Chine, je dois avouer que j’adore ça ! La plus fabuleuse expérience que j’en ai eu fut l’ascension du pic est de la montagne Wutai, qui reste un de mes plus beaux souvenir de voyage. Le mont Emei est par contre très différent et malheureusement, très (trop) touristique. Nous avions pour ambition de partir du bas de la montagne, de faire l’ascension complète, de dormir en haut et de voir le lever de soleil. Mais d’après le plan que nous avons pu récupérer et nos bouquins, il est nécessaire de prévoir trois jours pour faire l’ascension et la descente. Cependant une station de bus est présente en haut de la montagne, nous avons donc fait l’ascension et nous sommes redescendu en bus. Nous avons donc commencé en tout début d’après midi notre randonnée vers le sommet. Grosse surprise, l’ascension du mont Emei se révèle en fait être une succession d’escaliers tous plus abrupts les uns que les autres. J’ai jamais autant transpiré de ma vie, et j’étais évidemment armé d’un sac de 10 kilos. Nous avons grimpé un dénivelé de 2000 mètres en environ 7 ou 8 heures. Sur le chemin, nous avons pris un repas dans un temple et croisé de nombreux singes. Et je peux vous dire qu’après 7 heures d’escalier, chaque nouveau pas est une vraie plaie. C’est uniquement du mental. Et bien que nous pensions qu’après l’effort vient le réconfort, ce ne fut pas tout à fait le cas. A la nuit tombée, nous pensions trouver un temple ou un hôtel. Malheureusement, tout était plein… Nous avons pu dormir sur le sol d’un restaurant moyennant 150 kuai. Bref, pour les restaurateurs, tout est bon pour se faire quelques extras : soit tu payes un prix invraisemblable pour dormir sur le sol mais au chaud, soit tu dors dehors. Le choix a vite été fait… vu la température extérieure à 3000 mètres d’altitude. Après quelques heures de sommeil, nous furent sur pied à 5 heures du matin pour finir l’ascension et voir le levé de soleil.

Ici, contrairement au calme plat et au sentiment de sérénité que j’avais pu ressentir sur le mont Wutai, un brouhaha incessant de touristes chinois, qui comme nous, s’était pressé en bus et téléphérique sur le pic le plus haut du mont Emei pour voir le lever du soleil. Bref, un moment sympa tout de même mais qui est loin de se que j’avais pu imaginer. Les bus et les téléphériques rendant l’ascension de la montagne accessible à tout le monde, les temples se sont changés en dortoir pour touristes, de nombreux stands proposent une restauration à un prix trop élevé et le pic est bondé de touriste. Si vous pensiez qu’après 7 ou 8 heures d’ascension, vous seriez récompensé par une ambiance unique, c’est raté :-)

Ainsi s’acheva mon dernier périple de mon année en Chine. J’ose espérer encore traverser des contrées extraordinaires dans l’avenir, et les souvenirs que j’ai de mes voyages en Chine m’inciteront sans aucun doute à repartir, sac à dos et appareil photo en poche, dès que l’occasion se représentera.

  • Gene

    Un grand merci pour ce magnifique carnet de route illuminé de si belles photos!
    Nous avons ainsi mieux partagé ta découverte de ce pays lointain.
    J’espère que tu pourras rapidement continuer de vivre d’aussi exaltantes aventures!!
    Bisous reconnaissants. Gene.