Aventures en famille

Après mon voyage dans le Yunnan, je suis rentré à Beijing me reposer. Quelques jours après, ma famille est venue me rejoindre dans la capitale chinoise. J’ai revêtu la casquette de guide pour les sept personnes de ma famille fraichement atterries en Chine. Cela faisait un an que je ne les avais pas revu alors les retrouvailles ont fait chaud au cœur. Ils ont pu faire connaissance avec ma copine également, qui nous a accompagné durant nos visites à Beijing. Nous sommes restés environ 5 jours dans la capitale pour qu’ils puissent voir l’indispensable : la cité interdite, la grande muraille, les artères commerçantes de Xidan et Wangfujing, les bars à Houhai, le centre d’art 798, les Hutong, le parc Beihai… Puis par un après midi, nous nous sommes rendu à la gare de l’ouest pour prendre un train en direction de Datong. J’avais bien pensé à prendre les billets de train pour tout le monde, la vente des tickets commençant 10 jours avant la date de départ escomptée.

La ville de Datong n’a rien d’extraordinaire en soit, elle n’est pas très jolie non plus. C’est une ville qui comme toutes les villes en Chine grossit à une vitesse exponentielle. Impossible de louper les grues, les nouvelles tours et résidences en construction. Par contre, les environs de Datong regroupent deux sites exceptionnels qui justifient le déplacement.

Le premier d’entre eux est le temple suspendu. Situé à environ 1 heure en voiture du centre ville, ce temple mérite bien son nom. Construit directement dans la falaise et consolidé par des pilotis en bois, la visite est aussi spectaculaire que la vue. Aujourd’hui, le temple n’abrite plus aucune vie religieuse et est totalement voué aux touristes qui arrivent par centaines chaque jour pour visiter cette incroyable construction. Le deuxième site qui vaut le détour est les grottes de Yungang. Elles abritent pas moins de 50 000 sculptures sacrées, dont certaines ont une taille prodigieuse. On regrettera cependant les bonus de ce site touristique : amas de boutiques et temple plastique à l’entrée. Cela ne gâche cependant en rien les grottes en elles-mêmes. Au final, nous avons pu voir les deux sites en une journée. Nous avons négocié un mini-van, comme souvent nous avons fait durant notre périple. Les transports en sont facilités et à 8 personnes, le tarif au final est très abordable.

Depuis Datong, nous avons pris un train de nuit (là aussi, j’avais acheté les billets de train à l’avance) à destination de Xi’An. Je connais bien la ville, j’y étais déjà allé deux fois avant : durant mon premier voyage en Chine et durant le nouvel an chinois cette année pour la fête des lanternes. Nous avons séjourné à Xi’An pendant environ 3 jours, durant lesquels nous avons visité les fameux soldats enterrés, le quartier musulman, la pagode de l’oie sauvage avec son spectacle de jet d’eau à la nuit tombée… Après Xi’An, je n’ai pas pu avoir de nouveaux billets de train, l’aventure commençait à partir de là. A l’origine, nous avions prévu de partir à Zhangjiajie dans le Hunan en avion, puis de prendre un bus pour visiter le village de Fenghuang. Ensuite l’idée était de se débrouiller pour trouver un bus puis rejoindre en train une ville plus au sud qui nous aurait permis de nous rendre à Ping’An, village dans les montagnes et les rizières à environ deux heures de Guilin. Le problème du train en plein été s’est évidemment posé, et il m’a été impossible de trouver des tickets de train pour notre voyage après Fenghuang. Nous sommes alors tout de même allé à Zhangjiajie en avion. Puis la nuit portant conseil, nous avons décidé de nous rendre à Guilin en mode freestyle en essayant de boucler le voyage en une journée, en zappant Fenghuang. La raison de ce choix fut notre manque de temps, nous avons ainsi décidé de privilégier la région de Guilin. Bref, le voyage de Zhangjiajie vers Guilin fut relativement long, une bonne dizaine d’heure de bus. Pour cela, nous avons pris un bus qui reliait en trois heures Zhangjiajie à Changsha, qui est la capitale du Hunan. Arrivé à Changsha, il nous a fallu changer de gare, car les bus pour Guilin ne partaient pas de la même gare. C’est dans ces moments que nous avons béni les rabatteurs et taxi au noir qui nous ont rapidement aiguillé. Nous avions une heure pour changer de gare et prendre le dernier bus pour Guilin. Après une petite négociation sur la course, nous avons rejoint en environ 30 minutes l’autre gare, acheté les billets, fait quelques provisions pour la route et sauté dans le dernier bus pour Guilin. Nous sommes arrivés à 23 heures à Guilin, bien content d’avoir pu tout faire dans une même journée !

Guilin ne fut qu’une étape pour nous. Dès le lendemain, nous avons rejoint le village de Ping’An, dans les montagnes environnantes, où nous sommes restés deux jours pour nous balader dans les rizières. C’était fabuleux. Le site et l’ensemble des villages sont interdits à la circulation. Nous sommes arrivés en bas du village et avons dû payer un droit d’entrée au site. Le reste a été fait à pied jusqu’à notre auberge. Le village est très sympa même si on commence déjà à voir les marques du tourisme : boutiques, bars, auberges et restaurants fleurissent à grande vitesse. Devant le village les bus sont relativement fréquents et amènent de nombreux touristes tous les jours. Heureusement, Ping’An est la porte d’entrée pour accéder à d’autres villages plus petits et plus perdus dans les rizières. Et le seul moyen pour y accéder est la marche. Voilà de quoi dissuader un grand nombre de touristes et nous permettre d’apprécier les villages reculés de la minorité Yao.

Nous sommes partis tôt le lendemain matin pour éviter la chaleur. Nous avons suivis les petits sentiers balisés pour rejoindre un petit village Yao. Nous avons croisé un certain nombre de femmes Yao sur le chemin puis au village. Les femmes Yao ont les cheveux les plus longs du monde. Elles ne se les coupent que deux fois dans leur vie : à 18 ans et à 38 ans. Elles enroulent leur coiffure en chignon et savent aujourd’hui monnayer leurs chevelure. Moyennant quelques yuan, vous pourrez alors voir leur cheveux déliés, ce qui est quand même assez impressionnant. Les femmes Yao ont été très gentilles avec nous, même si elles furent parfois un peu insistantes pour nous faire acheter des articles en tout genre. Avec mon frère, nous avons mangé chez une grand-mère qui avec ses filles nous a préparé un fabuleux repas. Je n’avais jamais pu manger quelques choses de similaire ailleurs en Chine. Une vraie cuisine rurale, bonne, avec des légumes frais du jardin, comme une grand-mère sait si bien le faire. Bref, ça valait bien le coup de faire quelques heures de marche !

Notre dernière destination fut la ville de Yangshuo. Nous voulions quand même voir les fameux pains de sucre caractéristique de la région et qui figurent sur les billets de 20 yuan. Et puis évidemment, nous voulions descendre un bout de la rivière Li en bateau. Yangshuo est une petite ville mais très animé. Le centre ville est bouillonnant, notamment à cause du tourisme. Beaucoup de restaurants, de rues populaires où il fait bon de flâner. Nous avons également assisté (et je vous le conseille si vous allez à Yangshuo) à un spectacle grandeur nature à la nuit tombée. Il regroupe pas moins de 600 figurants, des chorégraphies et jeux de lumières sur les pains de sucre, vraiment bluffant.

Yangshuo fut également l’occasion de louer une bicyclette pour quelques yuans pour se perdre dans les rizières. Car oui, il est facile de se perdre dans les rizières à Yangshuo, alors faites attention ou prenez un guide. De notre côté, malgré quelques détours et aller-retours, nous avons réussi à nous frayer un chemin et à traverser quelques villages bien agréables, avant de négocier un retour à Yangshuo en bateau pirogue.

Nous sommes ensuite rentrés sur Beijing. Retour relativement difficile puisque nous avons quasiment tous fait une intoxication alimentaire suite au repas dans l’avion (c’était China Southern Airline pour ne pas citer la compagnie). Je n’ai jamais été aussi malade depuis que j’étais arrivé en Chine. J’ai bien mis 4 jours pour m’en remettre, mais ça n’a pas trop entamé la suite de mes aventures. Alors que ma famille rentrait à Paris, j’amorçais mon dernier voyage, à Chengdu, avec un challenge de taille, l’ascension du mont Emei… dans le prochain billet ;-) .

  • Gene

    Loïc est un magnifique guide-interprète, et il est évident qu’en son absence, il eût été impossible de réaliser un tel voyage au coeur de la Chine sans passer par une agence, la seule langue pratiquée dans la plupart des régions étant le mandarin… Il nous a permis de dévier des sentiers touristiques habituels, d’aller vraiment à la rencontre des chinois dans leur cadre de vie, vraiment ce voyage fut un vrai bonheur!!
    Accompagné de la joie immense de retrouver notre fils après un an de séparation!
    Encore merci Loïc.
    Gene